En 2026, alors que la numérisation de nos vies est totale, la cybercriminalité s’est affinée pour devenir un défi majeur de sécurité publique en Belgique. La fraude sur le Net ou escroquerie informatique ne cible plus seulement les systèmes, mais l’humain. Elle consiste à soutirer des biens, de l’argent ou des données personnelles en abusant de la confiance des victimes.
En Belgique, ce délit est sévèrement puni par l’article 496 du Code pénal, avec des peines pouvant atteindre cinq ans de prison. Pourtant, l’anonymat du web facilite ces manœuvres. Face à des escrocs de plus en plus inventifs, la vigilance est votre meilleure arme. Ce guide vous offre des recommandations concrètes pour vous protéger, vous assurer et réagir efficacement.
Comprendre les risques : Types et méthodes de fraude
La fraude sur le Net est une variante numérique de l’escroquerie classique. Les fraudeurs manipulent vos émotions plutôt que les données électroniques directement.
Les formes les plus courantes
- Phishing (Hameçonnage) : Mails ou SMS imitant votre banque ou un service public pour voler vos codes d’accès.
- Escroqueries émotionnelles : L’arnaque « à l’amitié » ou « aux sentiments » où l’escroc simule une relation pour demander de l’argent en urgence.
- Fraude « 419 » (Nigériane) : Promesse d’un héritage fictif contre le paiement préalable de « frais de notaire ».
- Arnaques aux achats/ventes : Annonces fictives sur des plateformes de seconde main ou sites de vente frauduleux.
- SOS Mail : Un message provenant du compte piraté d’un proche simulant une détresse à l’étranger.
Les méthodes des fraudeurs
Les escrocs exploitent souvent un sentiment d’urgence ou une opportunité incroyable. Ils utilisent un français parfois approximatif et exigent presque toujours des paiements irréversibles (Western Union, MoneyGram, tickets prépayés ou crypto-monnaies), ce qui rend la récupération des fonds extrêmement complexe.
Nos recommandations pour la prévention
La prévention reste le moyen le plus efficace de ne pas devenir une victime de la cybercriminalité.
10 conseils essentiels
- Analysez l’expéditeur : Vérifiez toujours si l’adresse e-mail est réelle, pas seulement le nom affiché.
- Ne cliquez jamais dans l’urgence : Les banques et administrations ne demandent jamais de données confidentielles par lien direct.
- Mots de passe robustes : Utilisez des combinaisons uniques et l’authentification à deux facteurs (2FA).
- Vérifiez la fiabilité des sites : Utilisez des outils comme infoshopping.be ou le Guide du SPF Économie avant un achat.
- Soyez discret : Limitez le partage de données personnelles sur les réseaux sociaux.
- Méfiez-vous des gains non sollicités : On ne gagne jamais à une loterie sans avoir joué.
- Paiements sécurisés : Privilégiez les cartes de crédit (offrant souvent une protection) plutôt que les virements directs à des inconnus.
- Mises à jour : Gardez vos logiciels et antivirus à jour pour contrer les malwares.
- Ignorez les mails suspects : Ne répondez pas, cela confirme que votre adresse est active.
- Demandez conseil : En cas de doute, parlez-en à un proche ou contactez votre banque via ses canaux officiels.

L’assurance en Belgique : Votre filet de sécurité numérique
Face à la recrudescence des risques, le marché belge des assurances a évolué. Il existe aujourd’hui plusieurs couches de protection financière et juridique.
L’Assurance cyber pour particuliers
De nombreux assureurs belges proposent désormais des polices « Cyber Protection ». Celles-ci peuvent être souscrites séparément ou en option d’une assurance habitation ou protection juridique.
- Couverture financière : Remboursement (souvent plafonné entre 2 500 € et 25 000 €) des pertes liées au phishing ou à la fraude aux achats en ligne.
- Assistance juridique : Prise en charge des frais d’avocat pour poursuivre un escroc ou résoudre un litige avec un site marchand.
- E-réputation : Aide au nettoyage de données en cas d’usurpation d’identité ou de cyber-harcèlement.
La protection légale des banques belges
En Belgique, la loi protège fortement les consommateurs en cas de transactions non autorisées.
À savoir : Si votre compte est débité frauduleusement (sans que vous ayez validé par code PIN ou authentification forte), votre banque est tenue de vous rembourser immédiatement. Toutefois, elle peut refuser le remboursement si elle prouve une « négligence grave » de votre part (ex: avoir volontairement partagé vos codes secrets à un tiers).
Le « Chargeback » des cartes de crédit
Si vous avez payé un achat avec une carte Visa ou MasterCard et que le bien n’est jamais livré ou que le site est frauduleux, vous pouvez introduire une demande de « chargeback » (rétrofacturation) via macarte.be. C’est une assurance gratuite souvent incluse avec votre carte.
Que faire si vous êtes victime de fraude sur le net ?
Si vous réalisez que vous avez été piégé, agissez avec méthode et rapidité.
Les premiers réflexes
- Coupez tout contact : Ne versez plus un centime, même sous la menace.
- Card Stop : Si vos données bancaires sont compromises, appelez immédiatement le 078 170 170.
- Collectez les preuves : Enregistrez les e-mails, les captures d’écran des discussions et les preuves de virement.
Procédures de signalement et recours
- ConsumerConnect : Pour les arnaques à la consommation (achat non livré, faux site). Cela alerte l’Inspection économique.
- SafeonWeb : Envoyez les messages suspects à suspect@safeonweb.be.
- Police locale : Pour un délit avéré (vol d’argent, hacking), déposez plainte. La police collabore avec les unités spécialisées (RCCU/FCCU).
- Médiation : Utilisez Belmed pour les litiges avec des entreprises belges ou le Centre Européen des Consommateurs pour l’UE.
Un clic d’avance sur les fraudeurs
La fraude sur le net évolue, mais avec ces recommandations, vous avez un coup d’avance. La sécurité en ligne repose sur un triptyque simple : Prévention (vigilance), Protection (assurances et outils techniques) et Signalement (action citoyenne).
Dans un monde connecté, la vigilance est clé ; en restant informé des menaces actuelles via des plateformes comme SafeonWeb, vous protégez non seulement vos biens, mais aussi votre tranquillité d’esprit.